Chers Fastfooters. Depuis quelques jours déjà, la rumeur d'un départ du milieu offensif de l'OM et de l'équipe de France, Mathieu Valbuena, 29 ans, vers le Dynamo Moscou, se fait insistante. Aubaine ou galère pour le petit Vélo ? Avec des joueurs de renom mais vieillissants, le Dynamo n'a pas grand chose de reluisant... tout du moins, sur le plan sportif. Présentation.

Le Dynamo espère retrouver ses lettres de noblesse.

Le Dynamo espère retrouver ses lettres de noblesse.

Un club du passé...

 

Depuis la chute du bloc soviétique, le Dynamo Moscou a perdu de sa splendeur. Onze fois sacré champion d'URSS, le club moscovite, jadis contrôlé par la police politique soviétique, n'a pas fait mieux qu'une 3e place dans le championnat de Russie en 2008. Mais pour autant, aux yeux des Russes, le Dinamo est une institution. En effet, cette entité, basée dans la partie Est de Moscou, est le plus vieux club du pays et n'a jamais connu de descente à l'échelon inférieur depuis sa création en 1923.

 

Son nom de "Dynamo" vient, comme pour bon nombre d'autres clubs de l'ancien bloc soviétique (Dynamo Kiev, Dynamo Bucarest, Dynamo Tbilissi, Dynamo Bucarest, Dynamo Zagreb, Dynamo Minsk, Dynamo Dresde...), de la société Dynamo, qui avait pour objectif de développer, de manière universelle, les activités physiques en URSS, aussi bien en foot qu'en hand ou encore en basket. 

 

Glanant bon nombre de titres nationaux dans les années 1950, 1960 et 1970, le Dynamo Moscou s'illustre sur la scène européenne accédant à la finale de la Coupe des Coupes en 1972 (défaite contre le Glasgow Rangers, 2-3) et en s'offrant une demi-finale en 1985 (revers contre le Rapid Vienne, 1-1 et 1-3). Son plus grand joueur reste encore à ce jour le mythique gardien de but, Lev Yachine.

 

Après la fin de l'ère soviétique, le 3e club le plus titré de l'URSS vit une période de vache maigre, avec une seule coupe de Russie remportée en 1995. En 2012, elle s'incline en finale de cette compétition. Pour autant, et depuis l'explosion du football business en Russie et la perspective de la Coupe du monde 2018, le Dynamo a bien l'intention de redorer son blason.

... qui veut s'écrire un futur

 

Depuis quelques jours déjà, le Dynamo Moscou s'active sur le marché estival des transferts alors que son effectif est déjà riche en joueurs de renom... mais aussi, et surtout, des trentenaires. Ainsi, lors de la déliquescence de l'Anzhi Makhachkala, le Dinamo a récupéré quelques bons éléments tels que Vladimir Gabulov, Yuri Zhirkov, Christopher Samba, Balazs Dzsudzsak, Igor Denisov, Alekseï Ionov ou encore Alexander Kokorin. De nombreux internationaux russes, qui ont participé à la dernière coupe du Monde brésilienne mais aussi d'anciennes "gloires", tels que l'ancien buteur de Liverpool Andriy Voronin (35 ans) mais aussi l'international allemand et ex-joueur de Schalke 04, Kévin Kuranyi (32 ans). 

 

En début début, la formation moscovite a notamment recruté le Néerlandais Alexander Büttner, en provenance de Manchester United mais aussi un Français, William Vainqueur, formé au FC Nantes et acheté au Standard de Liège contre un chèque de 7M€. Et les dirigeants du club de Moscou ne comptent pas s'arrêter en si bon chemin et espère bien se faire une place soleil, derrière l'ogre du Zénith Saint-Pétersbourg. Ainsi, ces derniers tenteraient de recruter le jeune prodige de Man.U, Wilfried Zaha, 21 ans et l'international français, Mathieu Valbuena. 

 

Pour tenter d'attirer Valbuena, le Dynamo serait enclin à formuler une offre ferme de 7 M€. Du côté de la direction marseillaise, l'affaire serait bonne notamment depuis l'arrivée de l'ancien Rennais, Romain Alessandrini. De plus, avant un Mondial plutôt réussi sous le maillot bleu, l'ancien joueur de Libourne avait témoigné d'une ceratine lassitude sur les bords de la Canebière, qu'il a rallié en 2006, il y a 8 saisons déjà. Pour autant, en février dernier, le natif de Bruges avait prolongé son bail avec l'écurie olympienne jusqu'en juin 2017. 

 

Pour connaître les intérêts qu'a Valbuena à rejoindre le Dinamo, je vous invite à lire cet article du site internet de l'excellent magazine So Foot : http://bit.ly/1o5H3sy

 

Quatrième lors du dernier exercice national, le Dynamo a notamment été largement devancé par ses deux voisins, le CSKA, titré, et le Lokotiv (3e). Pour tenter de réduire l'écart avec ses formations, le club entraîné par Stanislav Cherchesov s'atèlerait à s'attacher les services de plusieurs éléments dynamiques en milieu de terrain afin d'offrir des décalages à son meilleur buteur, l'international russe Kokorin. Mais pour être fin prêt pour la rentrée, le Dynamo doit faire vite, même très vite.

Un rêve de grandeur

 

Pour l'heure dans l'ombre de voisins moscovites et du richissime Zenith d'André Villas-Boas, le Dinamo nourrit, comme bon nombre clubs en Russie, à des rêves de grandeur. Une nouvelle stature qui passe, comme souvent, par la rénovation d'un stade vétuste que le club partage avec le CSKA. Les travaux de ce dernier ont déjà commencé et sont l'oeuvre d'un groupe de BTP français, Vinci. L'ouvrage (qui sera livré en octobre 2017) d'un peu plus de 26000 places, ultra-moderne, n'a cependant pas été retenu pour la prochaine Coupe du monde 2018. Il faut dire que là encore, le stade du Dinamo vivra dans l'ombre de l'imposant Loujniki (89000 places) et dans celui de la future enceinte du Spartak Moscou. Coût de l'opération : 200 M€. A ce stade flamblant neuf viendra se juxtaposer un centre sportif, un parking souterrain de 1500 places et un quartier comprenant logements, bureaux, commerces et un hôtel de luxe Hyatt. Coût de cette 2e opération : 400 M€.

Au-delà de ces aménagements, le Dinamo surffe sur la vague coupe du monde certes, mais aussi sur les moyens colossaux de ses propriétaires et des avantages que proposent la Russie de Vladimir Poutine. Ainsi, les plus grosses fortunes, parmi lesquels figurent nombre de joueurs de football, ne sont touché par l'impôt qu'à hauteur de... 13%. De plus, derrière bon nombre de formations russes se cachent de puissants groupes à la manne financière colossal comme Gazprom pour le Zenith ou des oligarques tels que Leonid Fedoun (Spartak Moscou), Sergey Galitsky (FC Krasnodar) ou encore Alexander Tkachiov (Kuban Krasnodar). Au Dinamo, le bon samaritain se nomme VTB banque, spécialisée dans les offres agressives en terme de taux d'épargne, qui possède 74% du club depuis 2009. Une entreprise bancaire contrôlée par l'Etat. 

Qu'on se le dise, le championnat russe est de plus en plus attractif. Pour l'heure, le champion accède directement aux phases de poules de la C1 et le second aux barrages. Mais au fil des années, le football russe progresse et compte bien devancer le Portugal et la France. La perspective de la Coupe du monde 2018 donne des ailes aussi aux oligarques et aux investisseurs. Pour sa part, le Dynamo a bien l'intention de donner du fil à retordre à ses voisins moscovites, le CSKA et le Spartak en tête. Sur la scène européenne, le Dynamo de Kokorin a également un beau coup à jouer. N'est-ce pas la compétition vitrine, qui a permis au Zénith Saint-Pétersbourg (vainqueur de la Coupe de l'UEFA en 2008) de sortir de "l'anonymat" du point de vue de l'Europe occidentale ? 

 

Pour y parvenir, les joueurs du Dinamo lanceront leur campagne européenne jeudi 31 contre l'Hapoël Kiryat Shmona (3e tour préliminaire aller de l'Europa League). Avec ou sans Mathieu Valbuena ? A l'heure où nous publions, le joueur de l'OM et ses représentants seraient toujours en pourpalers avec le Dynamo Moscou.

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