CR7, les bons comptes de la Fifa 

 

CR7 2

 

Le couperet est tombé : Cristiano Ronaldo a été sacré Ballon d'Or. Une récompense devenue "made in Fifa" qui fait de l'attaquant du Real Madrid, âgé de 28 ans, le meilleur joueur du monde de l'année 2013. Ou du moins, le meilleur suivant des critères et une perception bien particuliers. Ainsi, depuis 2010, le mode du scrutin du Ballon d'Or a changé. C'est la politique du "un tiers, un tiers, un tiers" : un tiers de journalistes, un tiers de capitaines de sélections et un tiers de sélectionneurs du monde entier qui nominent un joueur parmi trois finalistes. Certains aimeraient une redistribution des cartes, avec une proportion de voix accordée au grand public. Démago ? Certainement. Au-delà de ce triumvirat décisionnaire, c'est bien l'idée même de l'homme à sacrer qui a évolué.

On ne cherche plus nécessairement un CV riche de titres en club (Ribéry cette année) ou en sélection et en club (Sneijder, Iniesta...), mais bien des serial buteurs, à la personnalité forte et supra-médiatisée, connus et reconnus, de Calcutta à New York. Ainsi, sur l'année civile (bien que les votes se soient arrêtés mi-novembre), CR7 a marqué pas moins de 69 buts en 59 matches disputés, toutes compétitions confondues. Sa petite amie, Irina Shayk, et son fils, ont salué, ce soir, le talent du beau jeune homme... La saison dernière, le monde s'était prosterné devant les 82 buts en une saison de Lionel Messi. Moins sur le costume à pois.

L'Argentin, qui compte quatre Ballons d'Or à son actif, s'est offert un petit luxe, cette année. Celui de finir derrière le Portugais mais aussi, et surtout, devant un Franck Ribéry, troisième, tout en ayant connu deux périodes de blessures. Notoriété (et talent) oblige. Et oui, car même avec cinq titres remportés avec le Bayern Munich, grosse machine du championnat d'Allemagne, un titre de meilleur joueur européen, Francky le Frenchy, 13 buts sur l'année civile écoulée, n'a pu se jouer d'un Leo Messi sur une jambe. Un problème ?

Une multitude plutôt. Car au-delà des chiffres, de l'aura d'un championnnat sur un autre, ou même de styles, c'est bien le duo Messi-Ronaldo qui est porté sur l'olympe du foot par les médias et les divers acteurs du football de la planète. N'en déplaise à Sneijder, Iniesta, Xavi et consort. Et le mot de la fin reviendra à Michel Platini, président de l'autre institution, cellle de l'UEFA : "Dans trois ans, ce sera encore Ronaldo-Messi". N'en déplaise à Neymar, Luis Suarez... et à certains d'entre nous.

 

Jérémy Vial 

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