France - Pays-Bas, un match pour rien ? 

 

Deschamps

 

A 100 jours du Mondial, l'équipe de France possède un groupe. A un ou deux éléments près, et à d'hypothétiques blessures, le sélectionneur des Bleus, Didier Deschamps, tient ses hommes. Dans ce cas, que vient faire ce match amical France - Pays Bas, qui se disputera mercredi soir au Stade de France ? Une question à contre-courant quand on connait l'attrait des médias, et notamment de votre site, qui accordera un live très compet d'avant-match. Et pourtant. A regarder de plus près le calendrier, cette rencontre de prestige tombe à un moment des plus délicats.

En effet, les compétitions s'enchainent à un rythme soutenu dans les principaux championnats européens. A peine sortis des huitièmes de finale aller de la Ligue des champions et des rencontres nationales, les Français et les Néerlandais, qui évoluent, pour la plupart, dans les plus grosses écuries du continent, pourraient jouer le match de trop. Le syndrôme Djibril Cissé, gravement blessé contre la Chine en 2006, reste présent. Un rique de casse ? D'emblée, les rendements actuels, assez impressionnants, d'un Karim Benzema, aussi bien en C1 mercredi dernier contre Schalke (6-1) ou encore lors du match d'une haute intensité, dimanche dernier, contre l'Atlético Madrid et de Mathieu Valbuena, qui peine depuis le début de l'année civile à se remettre d'une blessure avec son club, l'Olympique de Marseille, pourraient susciter quelques interrogations quand à une cap supplémentaire. Il en va de même dans les rangs de l'équipe adverse pour un Robin Van Persie (Manchester United) ou encore un Arjen Robben (Bayern Munich). Et que dire d'un Blaise Matuidi, qui compte déjà 44 matches toutes compétitions confondues cette saison... 

L'un des principaux attraits de cette rencontre, à en croire nombre de spécialistes, est l'intégration de petits nouveaux, de valeurs montantes. Didier Deschamps en a retenu deux : Lucas Digne, qui a joué très peu avec le PSG, et Antoine Griezmann, qui brûle les planches avec la modeste formation basque de la Real Sociedad depuis quelques mois. Côté néerlandais, le sélectionneur Luis Van Gaal testera à l'occasion de ce match quatre pousses : Jean-Paul Boëtius (Feyenoord), Karim Rekik (PSV Eindhoven), Davy Klaasen (Ajax) et Quincy Promes (Twente). Reste à espérer pour ces joueurs, attendus au tournant, qu'ils bénéficient d'un temps de jeu significatif (45 minutes)...

Reste à savoir également si ces derniers évolueront aux côtés de joueurs "à fond" ? Pour beaucoup, la place pour le Mondial brésilien est d'ores et déjà assurée et les échéances en club pourraient prendre le pas sur ce rendez-vous amical. Enfin, ce match contre les Pays-Bas, certes alléchant sur le papier, n'est-il pas une goutte d'eau perdu dans le désert ? En effet, le prochain rassemblement des Bleus n'aura lieu que le 19 mai prochain, soit dans plus de deux mois. Restera alors deux rencontres amicales pour les joueurs de Didier Deschamps, contre la Norvège, le Paraguay et la Jamaïque, avant de s'envoler pour le Brésil.  

Bien entendu, le spectacle peut être au rendez-vous malgré ces différentes considérations. L'année passée, la France s'était inclinée à domicile contre l'Allemagne (6 février, 1-2), en amical. En 2012, ces Bleus avaient réalisé un match plein, du côté de Brême, en amical (29 février, 2-1), contre cette même Nationalmannschaft. Après, à notrer qu'après-guerre, la France n'a jamais perdu à domicile contre les Oranje, toutes compétitions confondues. Une tradition à perpétuer, c'est déjà ça. 

 

Jérémy Vial

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