"Ne passons pas à côté d'un événement majeur comme en 1993" ou encore "Souvenez-vous du coup de pied de Kostadinov !"... Que se cache t-il derrière ce baragouinage footballistique d'un autre temps que l'on entend, avec un ton pessimiste, ici et là chez certains chroniqueurs? A quelques jours de deux matches cruciaux pour l'équipe de France (contre l'Albanie et la Bosnie) dans l'optique de la qualification à l'Euro 2012, le spectre du match France-Bulgarie, qui avait empêché les Bleus de valider leur billet pour le Mondial 1994, reste hanté dans les esprits. Pourquoi? Parce que la situation des Tricolores aujourd'hui... n'est pas si éloignée de celle d'il y a 18 ans. Panique garantie en 4 chapitres !

 

Chapitre 1. En quête d'un illustre passé

 

PLATINI-84.JPG1988 - 1992. Il y a une vintaine d'années, l'équipe de France ruminait son glorieux passé (victorieuse de l'Euro 1984, 3e de la Coupe du Monde 1986) et ne parvenait pas à construire une nouvelle génération dorée, après les exploits des Platini, Giresse et Tigana. Les Bleus échouaient à se qualifier pour l'Euro 1988 et le Mondial allemand de 1990 et sortaient d'un Euro catastrophique en Suède en 1992, malgré une phase de qualification exceptionnelle (8 victoires en 8 matches). A ce moment précis, l'équipe de France est considérée comme une sélection de seconde zone à l'échelle européenne !

 

zz2007-2010. Après les larmes de la finale de la Coupe du Monde perdue à Berlin contre l'Italie en 2006, l'équipe de France devait trouver un nouveau souffle. C'était la fin de la génération Zidane, et l'émergence de joueurs talentueux, à l'image d'un Karim Benzema ou d'un Samir Nasri. La phase de qualification à l'Euro 2008 en Suisse et en Autriche fut des plus laborieuses. Les Bleus accèdaien malgré tout aux championnats d'Europe lors de la dernière rencontre, face à l'Ukraine (2-2). L'Euro fut médiocre, avec notamment deux défaites sèches en phase de poules, contre l'Italie (2-0) et les Pays-Bas (4-1). La décadence se poursuivit lors des éliminatoires du Mondial 2010 en Afrique du Sud. La France obtint son ticket lors d'un match de barrages, face à l'Irlande, validé "à l'aide de" la main de Thierry Henry. Le bilan de la Coupe du Monde et l'épisode de Knysna sont connus de tous... et la sélection tricolore pointait à la 15e place (12e aujourd'hui) du classement Fifa, derrière la Grèce ou encore la Croatie.

 

Chapitre 2. Querelles intestines et peu de fond de jeu

 

HOUILLER.jpgPhase qualificative au Mondial 1994. Au lendemain d'un championnat d'Europe raté, c'est Gérard Houiller qui succèdait à Michel Platini à la tête de l'équipe de France. Défensive, sans réel fond de jeu, les critiques ne manquaient pas pour qualifier les performances des Bleus emmenés par Jean-Pierre Papin, Eric Cantona et David Ginola. Au sein du groupe, la rivalité était palpable entre les Marseillais, bafoués au lendemain de leur titre de Champions d'Europe par l'affaire OM-VA et des Parisiens, héritiers de la success story olympienne.

 

BLANC.JPGPhase qualificative à l'Euro 2012. Après la Coupe du Monde 2010, Laurent Blanc a dû composer un nouveau groupe sans les joueurs sanctionnés suite à l'épisode de Knysna (Anelka, Ribéry, Abidal, Evra...) sur lesquels le public avait jeté l'opprobbre. Dans ce climat houleux, le Président, membre de la génération 98, est très vite apparu comme l'homme de la situation. Au fil des rencontres, le jeu de l'équipe de France a paru peu attrayant, voire assez pauvre techniquement. La maison bleue semblait, au cours des premiers matches, s'en résoudre aux prouesses de certains joueurs, à l'instar d'un Yohan Cabaye ou d'un Marvin Martin. Après l'été 2011, les affaires reprennent avec une guerre des égos palpables, les petites pleurnicheries de certains (Malouda, Nasri) et un match franchement navrant face à la Roumanie (0-0). Au quotidien, des joueurs ne s'apprécient pas au sein du groupe et le manque de leader, aussi bien dans l'animation offensive que dans le vestiaire, est notable. 

 

Un parcours qualificatif similaire... après 8 journées !

 

Avant l'Israël et la Bulgarie. Avant les deux derniers matches de la phase de qualification au Mondial américain, l'équipe de France restait, dans son groupe sur 6 victoires, une défaite et un nul, soit 13 points après 8 matches joués (19 pts si la victoire avait été à 3 pts comme aujourd'hui et non à 2). Elle comptait dès lors un point (ou 2 pts) d'avance sur Israël (12 pts, soit 17 aujourd'hui) et trois (ou 5) sur la Bulgarie (10 pts, soit 14 aujourd'hui) à égalité de rencontres disputées.

 

Avant l'Albanie et la Bosnie-Herzégovine. Avant les deux derniers matches de la phase de poule de qualification à l'Euro en Ukraine et en Pologne, l'équipe de France reste, dans son groupe sur 5 victoires, une défaite et un nul, soit 17 pts. Elle compte dès lors un point d'avance sur la Bosnie (16 pts), cinq sur la Roumanie (3e, 12 pts) et neuf sur l'Albanie (5e, 8 pts) à égalité de rencontres disputées.

 

Une (dis)qualification dans les dernières minutes !

 

L'équipe de France 93', comme celle de 11', n'a besoin que d'une victoire en deux matches pour assurer définitivement sa qualification, à domicile, face à des adversaires de l'Est a priori plus modestes. Ne pouvant prédire le sort des Tricolores de l'année 2011, ces derniers ne connaissent que ce qu'il ne faut pas faire, c'est à dire ce qu'ont réalisé les Bleus de Gérard Houiller le 17 novembre 1993. 

 

Après une défaite amère, dans les dernières minutes, face à Israël (3-2), l'équipe de France avait comme seul objectif de ne pas perdre face à la Bulgarie au Parc des Princes. Mais à 10 secondes de la fin, alors que le score était de 1-1, un certain Kostadinov offrit la qualification à la Bulgarie (demi-finaliste du Mondial 94') et priva la France de compétition mondiale !

 

(A noter, tel un autre signe, que dans cette vidéo, le numéro 5, qui tente de se jeter dans les pieds d'Emil Kostadinov, n'est autre qu'un certain... Laurent Blanc).

 

Alors, chez Fastfooters, vous avez frissonné? Dites-vous que ces similitudes ne peuvent qu'être anecdotiques si l'équipe de France de Laurent Blanc bat, vendredi soir au Stade de France, l'Albanie. Elles se poursuiveront dangereusement, en cas de défaite, jusqu'au 11 octobre 2011 et un dernier match contre la Bosnie-Herzégovine.

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