GIGNACChers Fastfooters. Ce lundi, nombre de médias vont faire des effets d'annonce sur la défaite du désormais ex-leader de la L1, l'Olympique de Marseille, à Troyes (0-1) ou encore vont vous servir et reservir la blessure du crack du début de saison de la formation phocéenne, André-Pierre Gignac. Mais à TFF, on prend de la hauteur et on analyse, pour vous, ce qui ressemble bien à une période de déclin pour l'OM. Une crise qui, à l'instar d'une autre bien plus répandue, risque de durer quelques semaines. Explications.


L'OM la joue à l'envers

 

Qui a cru que le règne de l'OM allait s'étendre jusqu'à la 38e journée de Ligue 1 cette saison ? Certes, le doux souvenir du voisin montpelliérain reste dans tous les esprits mais à Marseille, comme ailleurs, il faut se rendre à l'évidence : il est impossible de devancer le Paris-SG, au budget illimité et aux postes doublés, voire triplés. Et pourtant, à l'Olympique de Marseille, tout avait tellement mieux commencé que l'année dernière.

 

Lors de l'entame de l'exercice 2011-2012, l'OM était scotché à la 20e et dernière place de la Ligue 1 après 6 journées. Cette saison, la bande à Elie Baup se pavane à la première place durant pas moins de 8 journées, avec un effectif pour le moins allégé. Mais qu'est-ce qui a bien pu donner des ailes à un OM totalement moribond à la fin de l'ère Deschamps ? Les recrues ? Sans vouloir les offenser, pas sûr que les quelques apparitions de Lucas Mendes, de Florian Raspentino, de Kassim Abdullah ou encore de Rafik Abdallah aient changé le visage de l'OM en championnat. Non.

 

La formation phocéenne a plus volontiers surfé, pendant près deux bons mois, sur la touche fraicheur apportée par le revenant à la casquette, Elie Baup. Outre ce changement de technicien, ardemment souhaité par certains éléments au sein de l'effectif olympien, trois joueurs (seulement) sont apparus au-dessus du lot : André-Pierre Gignac, Nicolas N'Koulou et Mathieu Valbuena. Pour le premier, la surprise des 5 buts marqués en Ligue 1, dont un doublé lors du Clasico, est telle qu'on se prend à rêver d'un retour d'un "DD" de la grande époque toulousaine. En ce qui concerne Mathieu Valbuena, ce dernier nous habitue, depuis de nombreuses saisons maintenant, à l'alternance, entre états de grâce et séjours au placard. N'avait-il pas déjà été, à la fin de l'année dernière, l'arbre qui cachait la fôret de désolation phocéenne, notamment lors d'un soir de Ligue des Champions, du côté de Dortmund (3-2) ? Enfin, Nicolas N'Koulou, le seul qui, même en temps de crise qui couve, arbore le profil d'un joueur capable d'évoluer dans les plus grandes formations européennes. Mais qu'en est-il du reste ? C'est bien là qu'une partie de la crise latente s'explique. 

 

La tragédie du Hainaut

 

30 septembre 2012, 7e journée de Ligue 1 : l'OM s'incline à Valenciennes (1-4) après une série de 6 victoires en 6 matches. Depuis ce rendez-vous manqué, les Champions de France 2010 n'ont pris qu'un point sur 9 possibles en championnat. Valenciennes sera le point de départ de "l'affaire OM". Cette rencontre a pointé du doigt les joueurs qui plombent l'effectif marseillais depuis des semaines, pour ne pas dire des mois. Quid d'André Ayew, qui a fait lever les foules du Vélodrome par le passé, grâce à ses dribbles chaloupés et ses accélérations supersoniques. Au soir de la 9e journée, l'aîné des frères Ayew ne dribble plus, ne court presque plus et n'a pas inscrit le moindre but depuis près de six mois. Quid également, et c'est peut-être encore plus inquiétant, de Morgan Amalfitano? Quelqu'un a-t-il des nouvelles de l'ancien lorientais ? Depuis sa première (et unique) sélection en équipe de France, le 29 février dernier, face à l'Allemagne (2-1), Amalfitano semble avoir laissé une bonne partie de son talent à Brême. Un appel de feu Laurent Blanc chez les Bleus bien trop précoce ? Probablement. Ayew-Amalfitano, deux joueurs fantomatiques depuis la première journée et sur lesquels Elie Baup mise pourtant beaucoup, en les titularisant quasiment à chaque match.

 

Revenons à Valenciennes. Outre le manque d'initiative offensive flagrante, l'OM a coulé à l'extérieur, alors qu'il n'avait encaissé qu'un seul but en 6 matches. Quatre d'un coup, ça fait beaucoup ! Depuis la reprise de la Ligue 1 en août, le couple Fanni-N'Koulou se porte bien en défense. A gauche, Morel n'est pas exempt de tout reproche mais on l'a connu moins à son avantage. La principale interrogation vient du portier n°2 des Bleus, Steve Mandanda. Impérial sur le début de championnat, le gardien tricolore réalise une grossière erreur de relance contre VA qui coûte un but à l'OM. Quelques jours plus tard, face au coup-franc d'Ibrahimovic lors du Clasico, qui amena le second but parisien, Mandanda place Valbuena, 1,67m, dans le mur... Enfin, contre Troyes, sa sortie hasardeuse sur corner (pourtant son point fort) contribue au but de Benjamin Nivet et à la défaite des siens (1-0). Ce passage à vide, rare chez l'ancien havrais, fait perdre quelques plumes à son club. Surtout lorsque la veille, son homologue parisien, Salvatore Sirigu, arrête un pénalty contre Reims et contribue, de fait, à la victoire et à la prise de pouvoir du PSG en Ligue 1.

 

Car  l'état de forme, voilà l'un des problèmes majeurs qui explique les débuts de la crise olympienne de ce mois d'octobre. Outre Ayew, Amalfitano ou encore Mandanda, Elie Baup doit composer avec un effectif restreint du fait, principalement, de la rigueur budgétaire voulue par la direction mais aussi par les écarts de préparation entre un joueur comme Mathieu Valbuena, plein de jus et un Loïc Rémy, également international, qui peine à retrouver la pleine possession de ses moyens. Dimanche, à Troyes, André-Pierre Gignac, l'un des deux seuls attaquants à la disposition d'Elie Baup cette saison, se blesse au pied. Son indisponibilité est évaluée à 2, voire 3 mois ! A un moment où Loïc Rémy revient tout juste à la compétition, on espère juste que l'ancien niçois, pas épargné par les pépins physiques ces derniers mois, ne se blesse pas à nouveau. Enfin, des joueurs comme Souleymane Diawara ou encore Lucas Mendes sont attendus avec impatience afin de faire tourner un effectif qui a d'ores et déjà disputé pas moins de 19 matches toutes compétitions confondues cette saison, soit le total le plus élevé pour un club français.

 

Et la jeunesse bordel !

 

Combatif, solidaire, les adjectifs ne manque pas définir l'état d'esprit de l'OM du début de saison. Mais au-delà des valeurs, certaines interrogations peuvent surgir et notamment sur les choix du technicien à la casquette, Elie Baup. Face à Troyes, l'ancien coach des Girondins de Bordeaux avait reconduit pas moins de 9 des 11 joueurs titularisés avant la trève contre le PSG. Etait-ce utile d'aligner autant de joueurs clés pour un déplacement chez la lanterne rouge ? Des joueurs talentueux, mais en manque de temps de jeu, auraient pu montrer leur envie et permettre d'économiser les forces des titulaires en vue du déplacement, autrement plus compliqué, jeudi prochain, à Monchengladbach en Coupe d'Europe et en vue de la réception de l'OL, le dimanche suivant. Mauvaise pioche de Baup ? Très certainement.

 

Sur le banc, le Brésilien Mendes aurait pu emmagasiner du temps de jeu au Stade de l'Aube à la place de Fanni ou N'Koulou dans l'axe, à l'instar d'Abdullah. Dans l'animation offensive, nul doute que les supporters marseillais se seraient fait un plaisir de découvrir un peu plus le talent de l'ancien nantais Florian Raspentino ou encore de revoir l'insouciance et la fougue de Jordan Ayew, auteur de 3 buts depuis le début de la saison. Mais non, sous la casquette d'Elie, il n'y avait pas la place pour la crête. Et ce manque de confiance en "ses seconds couteaux" est dommageable. 

 

La crise va t-elle durer ?

 

LABRUNEEst-ce précoce de parler de crise à l'OM ? Quand une équipe de premier plan, candidate à une place sur le podium à l'issue de la saison, ne glane qu'un point sur ses trois derniers matches et encaisse, au passage, pas moins de 7 buts, on peut évoquer la crise. Mais de "crise", terme trop souvent utilisé à tort et à travers, il est malheureusement bien question à l'OM. Inégalité des forces en présence, mauvaise gestion des efforts, priorités sans doute mal définies avec un effectif très juste, les causes de la crise naissante à l'Olympique de Marseille ne manquent pas. Très certainement, l'OM va choper la traditionnelle "crise automnale" traditionnellement allouée au Paris-SG dès la fin octobre. Incapable de battre, ni même de vraiment bousculer Troyes, promu en Ligue 1, l'OM va devoir aligner, en moins de huit jours, trois rendez-vous de haute volée face à Monchengladbach en Ligue Europa, à l'Olympique lyonnais en Ligue 1 et au Paris-SG au Parc des Princes en Coupe de la Ligue. On a rêvé meilleur calendrier. Une passe de trois défaites sur cette période pourrait effacer le bon début de l'OM et ébranler le reste de sa saison.

 

A cette hypothèse, plausible au vue des dernières sorties phocéennes, s'ajoute la situation financière du club, pas encore complètement rétablie. Récemment, le discret président de l'OM, Vincent Labrune, assurait que son club devrait vendre deux joueurs à fortes valeurs ajoutées pour équilibrer toujours plus les finances. Les noms de Rémy, Ayew ou encore N'Koulou sont évoqués. Et pour se tirer une balle dans le pied, il n'y a pas mieux. Seule éclaircie au tableau de l'OM... l'OM lui-même ! Après Valenciennes, ce dernier n'avait-il pas sorti une grosse mi-temps face au Paris-SG ? 

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