Chers Fastfooters. Après l'Anzhi Makhachkala ou encore Lekhwiya ces derniers mois, votre site vous emmène à la découverte de la formation chinoise de Dalian Aerbin, où l'international tricolore, Guillaume Hoarau, s'apprête à signer pour trois ans... et où il percevra un salaire près de trois fois plus important qu'au Paris-SG. Et oui, dans le Nord de la Chine, l'argent est aussi le nerf de la guerre.

 

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La Chine veut son grand bond en avant du foot

 

Depuis quelques années, la Chine s'affirme comme un nouvel eldorado économique, après le Japon dans les années 90 ou encore le Qatar dans les années 2000, dans la sphère footballistique. Depuis la profesionnalisation de son championnat en 1994, le football est devenu un vecteur de réussite, à la fois stratégique et économique au sein de l'Empire du milieu. Ainsi, en obtenant l'organisation des trois prochaines Coupes du Monde, le Brésil, la Russie et le Qatar confortent un peu plus leur puissance nouvelle à travers le monde.

 

A l'état de petit championnat local il y a encore quelques années, la Ligue professionnelle chinoise veut frapper un plus grand coup que les modes, bien éphémères, du Japon et, dans une moindre mesure, du Qatar. Le championnat chinois tente, à chaque mercato, de prendre ses distances avec d'autres marchés très attrayants et en pleine expansion que sont l'Australie (Emile Heskey, Alessandro Del Piero) ou encore l'Inde (Pires, Crespo). Et pour y parvenir, deux mots d'ordre : attirer des stars du football européen et sud-américain et proposer des salaires défiant toute concurrence.

 Anelka, Conca, Drogba et les autres...

 

DROGBAAu défi sportif, les formations chinoises substituent, pour l'heure, le profit économique. Ainsi, pour convaincre les vedettes du ballon rond de s'exporter, quelques grosses écuries n'hésitent pas à sortir les valises à billets. L'une des pionnières en la matière se nomme Guangzhou Evergrande. Basée dans le Sud-Est de la Chine, non loin du Viet Nâm, le club de la ville de Canton a enrôlé, à l'été 2011, le prodige de Fluminense, Dario Conca, lui offrant un salaire de 10,6 millions d'euros. En un an et demi, l'Argentin a inscrit 25 buts en 49 matches avec Guangzhou et a décroché, cette année, le titre national sous les ordres de l'ancien sélecionneur italien, Marcello Lippi. Aujourd'hui, Guangzhou compte dans son équipe des noms bien connus en Europe, tels que celui de l'ancien joueur du Borussia Dortmund, Lucas Barrios.

 

Fort de ce succès, d'autres équipes ont adopté le même schéma en attirant des grands noms : Frédéric Kanouté a quitté gratuitement, à l'été 2012, le FC Séville pour l'un des clubs de la capitale, Beijing Guoan ou encore Mateja Kezman, qui avait rompu douloureusement avec le Paris-SG pour rallier South China AA avant de revenir en Europe, du côté du Bate Borisov. Mais l'exemple le plus frappant reste celui du Shanghaï Shenhua.

 

LIPPIA l'hiver 2011, le principal club de la ville de Shanghaï a enrôlé l'attaquant français de Chelsea, Nicolas Anelka. Pas épargné par les critiques après un Mondial 2010 catastrophique avec les Bleus, l'ancien joueur du Real Madrid et du Paris-SG, âgé de 32 ans, a paraphé un juteux contrat de 11 millions d'euros par an. Il fut imité, quelques mois plus tard, par la star du football ivoirien, Didier Drogba, âgée de 34 ans. Outre ses deux grands avant-centres, Shanghaï a engagé l'ancien sélectionneur argentin, Sergio Baptista. A l'issue de la saison, le résultat n'était pas au rendez-vous, Shanghaï Shenhua terminant à la 9e place du championnat. Mais là, c'est une autre histoire

 

Comment Dalian Aerbin marque-t-il sa différence ?

 

Dans les cas précédemment évoqués, une tendance se dégage : le recrutement de joueurs en fin de carrière, à la recherche, pour certains d'entre eux, d'une pré-retraite dorée. Au sein de Dalian Aerbin, la stratégie est somme toute assez différente.

 

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Dalian Aerbin est un exemple de réussite à la chinoise, avec une croissance exponentielle. Ainsi, la ville de Dalian, située dans la province de Liaoning, dans le Nord-Est de la Chine, non loin de la Corée du Nord, a vu éclore un club de football, Dalian Aerbin, le 20 septembre 2009. La naissance de cette équipe a été le fruit de la volonté d'un puissant groupe, Dalian Aerbin Groupe Co Ltd.

 

Dalian est donc le nom de la ville alors que Aerbin signifie "un endroit avec de l'eau" en langue mandchoue.

 

Pour donner un aura à cette formation, le groupe a décidé de confier le poste de président à Li Ming, star du football chinois dans les années 1990 et 2000, et qui reste, à ce jour, le joueur le plus capé de l'histoire (141 sélections). Lors de la saison 2009-2010, le Dalian Aerbin a débuté à l'échelon de la troisième division avant d'accéder, la saison suivante, à l'étage supérieur grâce au talent de ses joueurs locaux. A l'issue de l'exercice 2010-2011, Dalian Aerbin s'est offert un place au sein de la Super League chinoise, l'équivalent de la Ligue 1 en France. Dès lors, des joueurs étrangers ont fait leur apparition, tels que le Bulgare Kiril Kotev ou encore le joueur de Guinée-Bissau, Almami Moreira. Lors de la saison 2011-2012, le Dalian a fait appel, comme bon nombre d'équipes du pays, à un technicien étranger en la personne du Serbe Aleksandar Stanojevic, ancien coach du Partizan Belgrade. De la dernière place, Stanojevic a emmèné son groupe à la 5e place, bien aidé par des renforts de poids.

 

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Ainsi, lors du dernier mercato estival, le Dalian Aerbin est entré dans une nouvelle dimension. La formation du Nord a dépensé plusieurs millions d'euros pour concrétiser les arrivées du Ghanéen Lee Addy (22 ans), de l'Australien Daniel Mullen (23 ans), du Nigérian Peter Utaka (28 ans), auteur de 19 buts en 28 matches depuis son arrivée en provenance d'Odense. Mais les dirigeants de Dalian Aerbinont réalisé deux coups qui ont fait sortir le club de l'anonymat : le recrutement des ex-Barcelonais Fabio Rochemback (28 ans) et Seydou Keita (32 ans). Le Malien (55 sélections), joker de luxe au Barça, est devenu, par la même occasion, l'un des joueurs les mieux payés de la planète avec un salaire annuel évalué à 12,6 millions d'euros.  

 

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A la différence du Shanghaï Shenhua, Dalian Aerbin s'intéresse aux recrutements de joueurs qui peuvent s'inscrire sur du moyen ou long terme. Disposant de fonds colossaux, la formation chinoise est en passe de réussir un nouvel exploit en s'attachant les services de l'international français (5 sélections), Guillaume Hoarau, 29 ans. Ce dernier, barré au Paris-SG par Zlatan Ibrahimovic ou encore Kévin Gameiro a encore de belles choses à prouver. D'un point de vue salarial, le Réunionais, qui devrait signer, lundi, un contrat d'une durée de 3 ans, percevra pas moins de 4 millions d'euros nets par ans, soit près de trois fois plus qu'au Paris-SG, pourtant pas avare au moment de rémunérer ses joueurs. Enfin, et c'est peut-être sur ce point que Dalian Aerbin a réalisé un nouveau pas en avant au sein du football mondial, Guillaume Hoarau a décliné des offres d'Everton et de Sunderland, deux équipe de Premier League, pour tenter l'aventure en Chine. Et là, c'est une première.

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