On oublie tout et on recommence ? Après une première partie de saison médiocre achevée à la 11è place du classement, Lyon semble enfin avoir les armes pour s'offrir un bon parcours lors des matchs retour, et retrouver au moins les places européennes, à défaut de son lustre d'antan. C'est le parti pris de TFF.


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Un onze de départ enfin stabilisé 


Trop heureux d'avoir enfin l'ensemble de son groupe à disposition, après l'hécatombe de blessures du début de saison (Gourcuff, Bisevac, Dabo...) Rémi Garde va bientôt passer pour l'entraîneur le plus frileux d'Europe. Et pour cause, depuis la claque reçue au Parc des Princes début décembre - un cinglant 0-4 marquée par des approximations tactiques - l'entraîneur rhodanien a instauré un 4-4-2 en losange, dont il n'a plus jamais modifié la composition. Excepté, c'est vrai, l'intégration d'Anthony Lopes à la place de Rémy Vercoutre au poste de gardien. 

 

Mis en place dès le match contre Toulouse (1-1), ce système et le onze de départ chargé de l'incarner (Lopes - Dabo, Umtiti, Bisevac, M.Lopez - Fofana, Gonalons, Grenier, Gourcuff - Gomis, Lacazette) semblent donner entière satisfaction au maître d'orchestre lyonnais, qui parie logiquement sur la stabilité. Même si la courbe des résultats n'a pas encore totalement décollé (2 victoires et 3 nuls sur les 5 derniers matchs), la candidature lyonnaise à une place européenne en fin d'exercice n'est pas une hérésie. 

 

Un OL convaincant dans le jeu

 

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D'autant que les progrès entrevus dans le jeu donnent entièrement raison au technicien. Derrière, Lyon a trouvé un équilibre intéressant, autour d'un très honnête axe central Umtiti-Bisevac, protégé par les travailleurs Fofana et Gonalons dans l'entrejeu. Mais c'est surtout dans l'animation offensive que les progrès sont flagrants pour le club de Jean-Michel Aulas. En incorporant les internationaux français Yoann Gourcuff (en pointe) et Clément Grenier (à droite) de son losange du milieu de terrain, Garde démontre que deux hommes au profil similaire de meneurs de jeu peuvent cohabiter sans se marcher sur les pieds. D'abord éclipsé par le renouveau spectaculaire de l'ancien Bordelais, Grenier revient à un bon niveau et se montre décisif, à l'image de son joli coup-franc gagnant, samedi soir contre Sochaux (2-0).

 

Son compère, lui, semble enfin décidé à rattraper le temps perdu depuis son arrivée en 2010. Après trois saisons passées sur le banc de touche, à l'infirmerie de Tola-Vologe, ou à "jogger" seul sur les quais du Rhône, à la recherche de sensations physiques égarées sur les bords de la Garonne, le Breton aperçoit la lumière. Oui, le vrai "Yo" a bien l'air de retour -sa volée sublime pour le 2-0 contre Sochaux, sa passe décisive incroyable pour Lacazette contre Lorient (2-2)- et c'est un plaisir pour les yeux. D'accord, il promène sa moue boudeuse sur le terrain et célèbre ses buts avec une joie toujours aussi contenue, mais le Breton régale ses coéquipiers, et c'est bien l'essentiel. Devant, Lacazette et Gomis ont tout loisir de peaufiner leur association prometteuse (déjà 16 buts à eux deux cette saison), notamment parce qu'elle combine l'adresse dos au but et le jeu de tête de Gomis, qui fait merveille dans son rôle de pivot, à la vitesse et les qualités de dribbleur de Lacazette, qui prend la profondeur comme peu d'attaquants en Ligue 1. 

 

Enfin un mercato sans se faire dépouiller


 

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Confronté à l'impératif de réduire sa masse salariale en attendant la bouffée d'oxygène financière du futur Grand Stade, l'OL a beaucoup vendu l'été dernier (Lovren, Bastos, Monzon, Lisandro Lopez) parfois au mépris des intérêts sportifs du club. Ce fut le cas quand Jean-Michel Aulas a cédé le jeune Anthony Martial, parti briller sur le Rocher pour 5 millions d'euros. Malgré ses gesticulations, le boss n'a (heureusement) trouvé aucun acheteur pour Bafétimbi Gomis et Jimmy Briand, deux valeureux soldats appliqués à mettre leurs états d'âme de côté, pour aider l'équipe. A ce jour, l'équilibre des comptes est encore un horizon lointain à l'OL, et JMA n'a pas renoncé à se séparer de quelques joueurs "bankables". 

 

Pourtant, l'Etat-major semble avoir conscience qu'alléger l'effectif dés cet hiver mettrait en péril la bonne forme de l'équipe. Bonnant malant, le président d'OL Group a renoncé à un transfert juteux la semaine passée. Ultimatum de Rémi Garde ou pas - l'entraîneur aurait mis sa démission dans la balance - Maxime Gonalons ne rejoindra pas Naples, malgré les 17 millions d'euros (selon Aulas) proposés par le club transalpin. Mais cette bonne nouvelle n'assure en rien qu'Aulas saura encore faire primer l'intérêt sportif de son équipe, si une offre alléchante arrivait sur son bureau. Pourtant, laisser partir un Gourcuff ou un Grenier dès aujourd'hui aurait un effet désastreux sur un groupe qui retrouve seulement la voie du succès et de la confiance après des mois passés à souffrir, dans le ventre mou de la Ligue 1. Comme d'habitude à Lyon, la balle est dans le camp de Jean-Michel Aulas...

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