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Samedi après-midi, on a vu le grand PSG se prendre les pieds dans le tapis, en déplacement dans le cadre champêtre du stade du Roudourou de Guingamp (1-1). A court d’inspiration malgré une possession du ballon « barcelonesque » (69%), Laurent Blanc et ses hommes ont bien failli connaître leur seconde défaite cette semaine, après l’élimination à la Mosson, face à Montpellier en Coupe de France (1-2). En quittant la pelouse du Roudourou, les Parisiens, sans doute vexés, ont entonné le refrain de la pelouse indigne, prenant à témoin les micros de Canal +, diffuseur de la rencontre. Laurent Blanc, d’abord, qui a regretté « l’état déplorable du terrain » même si le coach a admis que Paris pouvait difficilement « se retrancher uniquement derrière ça ». Salvatore Sirigu, ensuite, qui ne manque jamais une occasion de râler quand les choses tournent mal pour son club, a embrayé : « On a pas pu s’exprimer sur ce terrain très difficile. (…) On avait pas d’appuis, on avait même des difficultés à mettre les crampons avant le match ».

 

Paris doit assumer


Le PSG, empêché de développer son jeu basé sur la possession par les escalopes et les faux-rebonds du stade Roudourou, on veut bien le croire. Mais la contre-performance d’Ibrahimovic et consorts s’explique aussi (d’abord ?) par l’incapacité des Parisiens à s’adapter aux conditions de jeu et à la ligne de défense très basse des Bretons, en proposant davantage de centres ou de frappes à mi-distance – seulement 9 tirs dont 5 cadrés - par exemple.  Oui, le PSG a raté son match à Guingamp et le plus simple est sans doute de le reconnaître, sans se retrancher derrière l’état du terrain, les erreurs des officiels ou le comportement trop défensif de l’adversaire. D’autant, qu’en terme d’arbitrage, ce sont les Bretons qui sont le plus à plaindre, Saïd Enjimmi ayant privé Guingamp d’un pénalty flagrant, après une faute grossière de Marquinhos sur Yatabaré.

 

 

Décidément, la culture de l’excuse ne sied pas au Paris-Saint-Germain qui n’a rien d’un club de Ligue 1 comme les autres. Depuis le départ de Leonardo, on avait pris l’habitude de voir des Parisiens plus fair-play, plus lucides sur l’analyse de leurs difficultés dans les mauvais soirs, sachant reconnaître les mérites de l’adversaire. On a même découvert une équipe construite, non plus seulement pour l’Europe (dixit l’ex-directeur sportif brésilien) mais également capable de gérer les inconvénients (terrain difficile, défense regroupée) liés à certains matches de Ligue 1 face aux « petits », particulièrement à l’extérieur. Avec un budget de 430 millions d’euros - contre 22M pour Guingamp - qui fait du PSG le 5ème club le plus riche du monde, Paris doit avoir l’élégance d’assumer totalement ses (rares) contre-performances en Ligue 1. Sa popularité auprès de Français souvent prompts à soutenir David contre Goliath, est à ce prix.


Barthélémy Philippe

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