A un mois tout pile de la reprise de la Ligue 1, l'élite hexagonale est loin d'être la seule à accueillir dans ses rangs des équipes aussi surprenantes qu'inquiétantes (l'AC Ajaccio, Dijon et Evian Thonon-Gaillard). TFF a fait un petit tour des grands championnats européens à la rencontre de ces promus qui promettent... Premières escales en Espagne, en Angleterre et en Allemagne.

 

Liga: Une paëlla (Bétis Séville), un chorizo (Rayo Vallecano) et un carpaccio (FC Grenada

 

rayo.jpgLe Bétis dans le haut de la vague. Capable du meilleur (une Coupe du Roi en 2005) comme du pire (2 ans de purgatoire en deuxième division), l'un des clubs les plus populaires de la péninsule ibérique fait son grand retour avec un titre de champion de Liga Adelante en poche ! Quel bonheur que de retrouver les 50000 fans du Benito Villamarin soutenant d'un seul homme les Verts et Blancs. C'est un peu comme si le FC Nantes revenait en Ligue 1, avec la même nostalgie et les mêmes soucis internes...

 

60%: Le maintien en Liga ne sera pas mince affaire pour le Bétis, dont les finances sont scrutées à la loupe. Pas de folies sur le mercato donc, les seuls arrivées sont assujetties à des départs... Le plus important, évoqué depuis plusieurs semaines, et celui de l'ancien Toulousain Achille Emana, auteur de 13 buts la saison passée. Pour le reste, la formation andalouse, qui concurrencera dans la région le pur sang Malaga ou encore le mulet Grenada, comptera sur son duo de choc en attaque, composé de Ruben Castro (26 buts) et de Jorge Molina (18 buts). TFF mise sur le maintien de l'autre Séville, à la condition de ne pas faire de Bétis(es)...

 

Le Rayo Vallecano fait du vélo ! Ca pédale, ça pédale... mais dans la semoule. Le très populaire et passionnant club de la banlieue sud de Madrid, doté d'une enceinte de 15500 places, n'a rien à envier à l'AC Ajaccio dans ses infrastructures. Joueurs et entraîneur plus payés depuis des lustres, stars inexistantes, dettes évaluées à plusieurs dizaines de millions d'euros, huit ans après sa dernière expérience en Liga, le Rayo n'a guère de chance de rayonner.

 

20%: Dans le jeu, le Rayo, c'est aussi Ajaccio. Des joueurs durs au mal, des matches à domicile synonymes de traquenards pour les grosses écuries qui se croient arrivées, une culture de la défense avant toute autre préoccupation. A l'image de son latéral Nestor Susaeta, les Franjirrojos, qui sont aux antipodes du voisin galactique, devront tout donner et jouer 38 journées comme 38 finales. Néanmoins, le Rayo Vallecano pourra toujours s'appuyer sur des supporters qui adulent leur club comme on aime ses propres enfants.

 

Udinese passe de la Série A à la Liga ! Aussi surprenant que cela puisse paraître, Grenada, 5e du dernier championnat de Segunda Division, après avoir éliminé avec toutes les peines du monde le Celta Vigo et Elche en barrages, sera la plus italienne des formations espagnoles. Et pour cause... son président, le bon Gino Pozzo, n'est autre que le propriétaire de Udinese, 4e du Calcio et en passe de montrer les griffes en Ligue des Champions.

 

5%: Ainsi, joueurs ou pestiférés qui se languissent dans le Nord de l'Italie sont exilés, de grès ou de force, dans le Sud de l'Espagne pour parfaire leurs gammes. A Las Carmenas (16000 places), le Real et le Barça, entre autres, vont tomber sur une citadelle quasi imprenable. La victoire à la maison est un principe, la défense y est béton et l'attaque se débrouille tant bien que mal. Pour preuve, comme Udinese, Grenada comptera sur un milieu offensif chilien, Fabian Orellana et sur un avant-centre suisse, Alexandre Geijo. Trente-cinq ans après sa dernière montée, le FC Grenada risque bien d'en perdre son latin, même dans le jeu... 

 

Bundesliga: Hertha Berlin (le goût des choses simples) et le FC Augsburg (le fossoyeur de Bochum)

 

HER-copie-2.jpgAuf wiedersenhen Borussia Monchengladbach et Sankt Pauli, willkommen au Hertha Berlin et au FC Augsburg. L'équilibre est de retour en Allemagne, avec l'accession à l'Elite d'un club de l'Est, le Hertha et un de... l'Est, le FC Augsburg.

 

Et oui ! Le FC Augsburg décroche son ticket pour la première division, au nez et à la barbe du très populaire et trop prévisible VfL Bochum, finalement 3e la saison passée. Un événement unique pour l'ancien club de Bernd Schuster, qui n'a jamais été à pareil fait. Qu'attendre de cette formation, nichée à la périphérie de Munich et donc dans l'ombre de l'omnipotent Bayern? Un peu pareil que Grenada en Espagne, une défense de fer, une enceinte où l'on doit se lever de bonne heure pour s'y imposer couronné par un gardien superstar, Simon Jentzsch, qui a tenu 14 matches sans se faire prendre le moindre but la saison passée. Autant vous le dire, ça va bétonner dur ! Une philosophie qui pourrait s'avérer payante dans l'un des championnats les plus prolifiques en buts d'Europe. TFF accorde un encourageant 25% de chances de maintien aux petits nouveaux qui détiennent tout de même un joli petit stade, l'Impuls Arena, d'une capacité de 30600 places.

 

Dangereux voyage, quand tout se perd, dans l'univers... Berlin l'appelait, Babbel l'a fait ! Un an après une relégation somme toute logique au terme d'une saison pourrie, le Hertha refait vivre la capitale allemande grâce notamment à son nouvel homme fort, Markus Babbel. Quatrième il y a encore quelques saisons, le Hertha oscille entre le bon et le mauvais, à l'image du Bétis Séville cette fois. Comme quoi, entre promus, on se comprend... Pour preuve, les leitmotivs de Berlin sont assez similaires à ceux de Séville: Rigueur ! Pas de stars annoncées, une assise fondée sur des joueurs qui se sont révélés la saison pasée : le Colombien Adrian Ramos, le Brésilien Raffael ou encore l'Allemand Pierre-Michel Lasogga, 19 ans, 13 buts en 25 matches, le Neymar du pauvre, qui risque bien, à ce rythme, de s'ouvrir les portes de la Nationalmannschaft quelques semaines avant le début de l'Euro 2012. TFF attribue un 80% de chance de rester car avec son incroyable dynamique, meilleure attaque et 2e meilleure défense, une saison quasiment en tête de bout en bout... Pas de doute, le Hertha peut déplacer des montagnes.

 

Premier League: Norwich City, Swansea City et Queen's Park Rangers

 

C'est bien connu, les Anglais ne font rien comme les autres. Pourtant, mondialisation oblige, les serviteurs de sa majesté ont décidé de s'aligner sur les petits copains en invitant à la table des grands, des tous petits.

 

QPR.jpgNorwich qui? Norwich City, le club qui a vu passer Craig Bellamy et Peter Crouch. Sa dernière apparition en Premier League remonte à 2004 et son unique place dans le Big Four au terme d'une saison 1993 (3e) qui couronna Manchester United devant Aston Villa! Cette année, The Canaries ont fait mieux que leurs homonymes français de Nantes en décrochant leur billet au cours des play-offs, face aux habitués de ce genre d'exercice, Portsmouth. Au-delà de cette belle surprise, TFF regrette le manque de dynamisme de ce petit poucet au début du mercato et ne donne que 2% d'espoir de maintien aux hommes de Paul Carrow et au stade Carrow Road (26164 places).

 

Swansea qui? Swansea City, le club du début des années 80 en Angleterre, coaché à l'époque par un certain John Toshack (vainqueur de la Liga avec le Real Madrid en 1990). En 1981, les Gallois de Swansea accèdent à la Premier League, remportent 3 Coupes des Pays de Galles et participent à la Coupe d'Europe des Vainqueurs de Coupes. Après, c'est une rapide descente au enfer qui conduire le club à évoluer en Fouth Division (D4) en 1986. Renaîssant de ses cendres au début de la décennie 2000, Swansea passe de la D3 en 2009 à la Premier League en 2011. Du Arles-Avignon dans le texte !

Désormais entraîné par un ancien de la maison et très apprécié par les 20000 fans du Liberty Stadium (crée en 2005), Brendnan Randgers, notamment passé par Reading et Watford, Swansea est ambitieux. Agressif sur le marché des transferts avec les arrivées de l'avant-centre du FC Barcelone B, un temps sollicité par l'OM, Jonathan Soriana et l'attaquant de Watford, Danny Graham, 25 ans, auteur de 24 buts en 45 matches lors du dernier exercice, Swansea aura cependant du mal à faire illusion très longtemps... TFF pense que les Swans (les Cygnes) connaitront un destin aussi cruels que les Canaries (5%). 

 

Q.P.R, des initiales qui parlent !  Quinze ans après sa dernière apparition en Premier League, le tout récent vainqueur de la Championship a des rêves plein la tête. Tout d'abord, les Queen's Park Rangers exhibe leur côté queen, sorte de grande diva sur de sa voix et son talent. Ainsi, après avoir voulu recruter un temps l'ancien mentor de Chelsea, Carlo Ancelotti, QPR ne s'oppose pas à vendre sa pépite marocaine Adel Taarabt, sollicité notamment par le PSG. Et comme un grand, les dirigeants des Hoops ne veulent pas le céder à moins de 17 millions d'euros... 

 

Le côté Park réside dans la situation du club. En effet, il fait bon vivre du côté de QPR, énième club londonien du championnat d'Angleterre, dans un Loftus Road (19000 places) qui respire à plein poumon le stade vintage et convivial, à l'instar de l'Abbé Deschamps en France. Un bon petit stade à l'anglaise en somme.

 

L'apparence Rangers réside dans le trio placé à la tête de QPR : Lakshmi Mittal, président d'Arcelor Mittal et accessoirement milliardaire indien, l'ancien patron de Renault en Formule 1, Flavio Briatore et le grand pape de l'organisation de courses automobiles, Bernie Ecclestone. Une direction tripartite de qualité, qui ferait presque passer QPR pour le Bayern Munich. Pour se frotter à la formation de Franck Ribéry, il faudra que QPR se renforce substantiellement pour avoir l'espoir (estimé à 15% par TFF) de prolonger l'aventure en Premier League.

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