Levante est l'unique leader du championnat d'Espagne après 9 journées, une première depuis 102 ans... soit depuis sa création en 1909. C'est l'équipe qui a battu, froidement, le Real Madrid (1-0, 4e j.), Malaga (3-0, 6e j.) ou encore Villarreal, hier soir (3-0, 9e j.). Ses stars se nomment Aruna Koné ou encore Juan Juanlu et son effectif est composé à 90% d'Espagnols. Levante est un véritable ovni dans le paysage du football business actuel. Mais de là à concurrencer le Real et le Barça...

 

Levante, le vent l'emportera 

 

LEVANTEPour les puristes, Levante tire son nom de Levant, le vent qui entre par l'Est de Valence. C'est aussi le nom d'un quartier de la cité valencienne, qui abrite le club de Levante Union Deportiva, évoluant dans l'ombre du FC Valence, sextuple champion d'Espagne, et de Villarreal, situé à quelques kilomètres plus au Nord. Depuis des années, on a l'habitude de voir Levante UD batailler avec la zone rouge, parmi une large palette d'équipes, allant du Sporting Gijon à Getafe en passant par Osasuna, dont la seule préoccupation est d'assurer le maintien en Liga. Et pourtant, du fait de sa lutte quotidienne, Levante n'a jamais abdiqué dans son histoire, alors que très souvent, la moindre brise l'a propulsé dans des divisions inférieures.

 

Crée en 1909, Levante, alors FC, ne devint champion d'Espagne qu'en 1937, au début des heures les plus sombres de la péninsule ibérique. Deux ans plus tard, Levante FC fusionna avec l'autre club du coin, le Gimnastico FC Valencia pour former Levante Union Deportiva. L'un de ses plus grands faits d'armes fut d'avoir compté dans ses rangs un certain Johan Cruyff, certes vieillissant (34 ans), lors de l'année 1981 (10 matches, 2 buts). Flirtant longtemps avec la deuxième et la troisième division après la guerre, Levante accéda à l'élite en 2004. L'année de sa montée, la formation valencienne était entraînée par un certain Bernd Schuster, conseiller technique du Barça entre 2000 et 2011 puis éphémère entraîneur du Real Madrid lors de la saison 2007-2008. Des noms bien connus de la Ligue 1 ont également fait un passage dans le sud de la région Catalogne comme Fabio Celestini, Sylvain N'Diaye, Frédéric Déhu (ex-OM), Olivier Kapo (ex-AJA), Peguy Luyindula (futur-ex PSG) ou encore Laurent Courtois (ex-Grenoble). En somme, Levante est longtemps resté comme un club où l'on passe, mais rarement où l'on réussit. En coup de vent...

 

Juan Ignacio Martinez et le vent Catalàn 

 

Après Schuster, la direction de Levante usa les entraîneurs les uns après les autres. En 2005-2006, ce fut un ancien coach du Real Madrid, Juan Ramon Lopez Caro, qui s'essaya avant de laisser la place à Abel Resino (2007) puis Giani De Biasi (2007-2008). Ces divers bouleversements ne changèrent rien à l'état de végétation de Levante, qui se morfondait en Segunda division. A l'aube de la saison 2008-2009, un nouvel homme fort arriva, Luis Garcia Plaza. Ce dernier propulsa de nouveau Levante en Liga à l'issue de la saison 2009-2010. L'année suivante, le promu valencien termina à la 14e place, à deux petits points du premier relégable, le Deportivo La Corogne. Le maintien était assuré. 

 

del-horno.JPGLors de la dernière trève estivale, les clés de la maison Levante sont confiées à un entraîneur qui a réalisé la plus grande partie de sa carrière sur les bancs de Liga B (Carthagène, Albacete), Juan Ignacio Martinez (47 ans). Levante réalise une campagne de recrutement malicieuse, à la lorientaise, mais qui est globalement passée inaperçue. Cette dernière explique pourtant, en grande partie, ses performances actuelles. Le président du club valencien, Javier Quico Catalàn, est un homme d'affaires de 36 ans (!), qui veut faire progresser son équipe, sans prétention. Il n'a investi pour se faire que 450000 petits euros en plus de deux mois et demi de mercato. Il s'attacha les services de joueurs à la relance, tels que Asier Del Horno (ex-Chelsea), Nabil El Zhar (ex-Liverpool), Wellington (prêté par Arsenal) ou encore Arouna Koné, en totale perdition dans les rangs du FC Séville ces deux dernières saisons (un but en 40 matches). L'autre axe de son recrutement s'est articulé autour de joueurs d'expérience, pas contre une dernière année, pour la route, tels que Farinos, Juanfran mais aussi Javi... Venta. Avec ce cocktail détonnant, difficile de savoir dans quel sens le vent tournera.

 

Invaincue, meilleure défense, 3e attaque...

 

Après les deux premières journées, Levante reste à son rang, celle d'une équipe modeste, qui peine à produire du jeu (0-0 à Getafe et 1-1 à la Real Sociedad). Après tout, c'étaient deux matches à l'expérieur, donc deux bons points pris par les hommes de Martinez. La troisième journée constitua le coup de maestria des Levantinistas avec une victoire, pour son premier match à domicile, face au Real Madrid (1-0). Un exploit sans lendemain? Plutôt un succès qui a forgé l'avenir. Les semaines suivantes, Levante s'imposait chez un promu, le Rayo Vallecano (2-1) puis contre l'Espanyol Barcelone (3-1) et chez un autre promu, le Bétis Séville (1-0). Histoire de confirmer le maintien... 

 

Mais depuis deux semaines, la brise Levante s'est transformée en tornade. Elle a emporté sur son passage les nouveaux riches de Malaga (3-0) et a balayé le voisin Villarreal (16e de Liga), hier soir, au Madrigal (3-0). Ce n'est plus le fait du hasard. Au soir de la 9e journée, Levante occupe seul la tête de la Liga (20 points), devançant le Real Madrid (2e, 19 pts) et le FC Barcelone (3e, 18 points). La formation de Martinez, qui s'appuie essentiellement sur des valeurs de combativité, de jeu à une touche de balle, et d'une excellente assise défensive (3 buts encaissés en 8 matches, la meilleure de la Liga), a-t-elle les moyens de voir plus loin? Avec le 17e budget d'Espagne (21 millions d'euros) et une 10e place comme meilleur rang en Liga (en 1964), pas sûr que le phénomène Levante résiste longtemps au vent de l'hiver.  

 

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